Difficile de passer à travers le battage médiatique qui a accompagné la sortie de la version beta du navigateur de Google : Chrome. A en croire la bande dessinée publicitaire faite par Google, leur navigateur est bien entendu le plus ergonomique, le plus riche, le plus performant...

Face à cette avalanches d'affirmations dont certaines sont probablement exactes, rien de tel que quelques tests pour se convaincre du bien fondé ou non de ce discours marketting. J'ai donc en premier lieu souhaité comparer Chrome à d'autres navigateurs du marché sur deux points:

  • le respect des standards du web au travers d'une célèbre batterie de tests : acid3
  • les performances du moteur Javascript embarqué au travers d'une autre batterie de tests : sunspider

Avant de nous lancer dans les tests, passons en revue les forces en présences

Les navigateurs testés

  • Chrome beta, bien sûr
  • Internet Explorer, l'inévitable, dans sa version 7.0, et vu que Chrome est lui-même en version beta, je me suis permis de faire également les tests avec Internet Explorer 8 beta
  • Firefox, son challenger dans sa version stable 3.0 et Firefox 3.1 (nightly build), la version de développement
  • Opera, l'aristocrate des navigateurs, dans sa version stable 9.51 et dans sa version en cours de développement (9.6)
  • Safari, pour les inconditionnels de la marque à la pomme, dans sa version stable 3.1.2, et dans sa version de développement WebKit (36012)

Tous ces navigateurs ont été installés sur la même machine qui tourne sous Windows XP, avec un processeur double-cœur.

Test de respect des standards du web

Tout d'abord, pourquoi tester cet aspect ? En fait, le respect des standards du web (DOM, CSS et JavaScript notamment) est primordial pour un navigateur : c'est ce qui fait que le comportement et le rendu d'une application web seront ceux attendus, et sensiblement les mêmes quel que soit le navigateur. Et pour nous développeurs, c'est ce qui permet d'éviter d'avoir à coder autant de versions d'une interface web qu'il y a de navigateurs sur le marché.

Pour tester cet aspect, je me suis donc appuyé sur le test acid3 qui permet en seulement une page web, d'attribuer une note au navigateur testé, par rapport à son respect des standards du web. D'ailleurs, pour tester votre navigateur, faites-lui passer le test acid3 !
Un sans-faute sur ce test devrait donner un rendu avec la note 100/100 .

Voici les résultats obtenus par mes cobbayes :

Le gagnant de cette manche est donc WebKit, qui fait figure d'extraterrestre avec ses 99/100... On peut tout de même décerner une mention spéciale à Opéra 9.51 avec ses 84/100 puisqu'il s'agit d'une version stable, contrairement à WebKit, Chrome et Firefox 3.1. Au passage, on peut aussi remettre un bonnet d'âne à Internet Explorer pour son non respect des standard, même si ça s'améliore un peu avec la version 8 beta. Chrome est donc bien placé par rapport aux navigateurs en version stable (Internet 7, Firefox 3.0, Safari 3.1.2), mais il reste derrière Opéra (y compris version stable) et derrière WebKit et Firefox 3.1 (versions de développement).

Test des performances du moteur JavaScript

Les performances de Chrome en termes d'exécution de JavaScript constituent un argument fort de Google, et certains utilisateurs de GMail, qui met en oeuvre JavaScript de façon intensive, font déjà état de progrès fabuleux constatés par rapport à leur ancien navigateur. Voyons donc ce qu'il en est sur un test classique des performances d'exécution de moteurs JavaScript : le test sunspider. Ce test en ligne permet de chronométrer votre navigateur (ou plutôt son moteur Javascript) lorsqu'il fait des calculs, des manipulations de chaînes, de la crypto, bref, un peu de tout.
Voici les résultats obtenus :

  • Chrome beta : 2726.8ms (+/- 1.6%)
  • Internet Explorer 7.0 : 50887.8ms (+/- 5.1%)
  • Internet Explorer 8.0 : 10394.4ms (+/- 0.3%)
  • Firefox 3.0 : 4574.6ms (+/- 3.4%)
  • Firefox 3.1 nightly build : 2613.2ms (+/- 4.5%)
  • Opera 9.51 : 6468.8ms (+/- 1.8%)
  • Opera 9.6 : 6583.4ms (+/- 2.6%)
  • Safari 3.1.2 : 6127.2ms (+/- 0.8%)
  • Webkit (Safari en version de développement) : 4029.2ms (+/- 2.3%)

Pour Firefox 3.1, précisons que nous utilisons TraceMonkey (le tout nouveau moteur JavaScript de Firefox), que l'on peut activer en mettant à true les paramètres javascript.options.jit.chrome et javascript.options.jit.content.

Ici, Chrome affiche une supériorité par rapport aux autres navigateurs en version stable, et même la version de développement de Safari est un peu moins vive. Cependant, Firefox 3.1 (version de développement) le surpasse légèrement.
Là encore, force est de constater que Microsoft fait figure de mauvais élève.

Conclusion

Le discours de Google n'est pas complètement faux, mais totalement vrai non plus... Sur les points évalués, Chrome apporte assurément un progrès par rapport à la plupart des navigateurs du marché en version stable. Par contre, dès que l'on s'intéresse à ses vrais concurrents, c'est à dire aux versions en cours de développement, on trouve mieux. Firefox notamment donne de meilleurs résultats sur les deux séries de tests.